Les différentes licences pour vendre de l’alcool en France : tout ce que vous devez savoir

Publié le 17 novembre 2025

Vendre de l’alcool en France, que ce soit dans un bar, un restaurant ou un commerce, nécessite une licence spécifique. Ces licences, délivrées sous conditions, répondent à un objectif de santé publique et de sécurité. Voici un guide exhaustif pour comprendre les différents types de licences, leurs conditions d’obtention, leur coût et les obligations légales à respecter.

Résumé de la classification des licences de vente d’alcool

En France, les licences sont classées selon deux critères :

  • Le type de boissons alcoolisées vendues (fermentées ou distillées)
  • Le mode de consommation (sur place, à emporter, pendant un repas)
Licence Type d’alcool permis Consommation autorisée Remarques principales
Licence III Bières, vins, cidres, boissons ≤ 18° Sur place Ne couvre pas les alcools forts.
Licence IV Tous types d’alcools, y compris spiritueux (>18°) Sur place Nécessite achat/transfert, non créable librement
Petite licence à emporter Bières, vins, cidres, boissons ≤ 18° À emporter Aucun permis requis, sauf vente de nuit entre 22h et 8h, il faut être titulaire d’un permis de vente de boissons alcooliques la nuit
Licence à emporter Tous types d’alcools À emporter Même remarque, soumise au PVBAN pour les ventes de nuit entre 22h et 8h, il faut être titulaire d’un permis de vente de boissons alcooliques la nuit
Petite licence restaurant Boissons ≤ 18° Pendant les repas uniquement déjeuner et dîner Gratuite, sans rachat, ne couvre pas les spiritueux
Grande licence restaurant Tous types d’alcools, y compris spiritueux Pendant les repas uniquement déjeuner et dîner Gratuite, alcool uniquement servi avec repas
PVBAN (permis complémentaire) Permis de vente de boissons alcooliques la nuit Dépend de la licence à emporter détenue Vente à emporter entre 22h et 8h Formation obligatoire de 1 journée, valable 10 ans

Licence III : vendre des boissons alcoolisées jusqu’à 18° à consommer sur place

La Licence III permet la vente, pour consommation sur place, de boissons alcoolisées dites fermentées non distillées : bières, vins, cidres, poirés, hydromel, apéritifs à base de vin, et certaines liqueurs ne dépassant pas 18° d’alcool.

Elle concerne principalement les bars, cafés, brasseries, pubs, discothèques ou hôtels proposant des boissons en dehors du cadre d’un repas. Elle ne permet pas la vente d’alcools forts (vodka, rhum, whisky…).

Soumise à des obligations strictes, cette licence vise à encadrer la consommation d’alcool pour des raisons de santé publique et de sécurité. Elle constitue une solution intermédiaire entre la petite licence restaurant et la licence IV.

Comment l’obtenir ?

L’obtention d’une Licence III passe par quatre étapes :

  1. Conditions légales : être majeur (ou émancipé), juridiquement capable et ne pas avoir de condamnation incompatible.
  2. Permis d’exploitation : suivre une formation obligatoire de 20 heures, valable 10 ans.
  3. Immatriculation : inscrire l’établissement au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).
  4. Déclaration en mairie : au moins 15 jours avant l’ouverture, avec formulaire Cerfa et justificatifs (identité, permis, extrait Kbis).

Ces démarches s’appliquent également en cas de changement de propriétaire ou de localisation.

Quel est le prix ?

La Licence III est gratuite en soi, mais son obtention génère des frais indirects :

  • Formation au permis d’exploitation : entre 300 et 500 €
  • Éventuels frais de transfert, si reprise d’une licence existante
  • Aides financières possibles selon le statut du demandeur (France Travail, AGEFICE, Akto)

Licence IV : vendre tous types de boissons alcoolisées à consommer sur place

La Licence IV, aussi appelée licence de plein exercice, autorise la vente sur place de tous types de boissons alcoolisées, y compris les spiritueux et alcools forts dépassant 18° : whisky, rhum, vodka, gin, liqueurs, digestifs, eaux-de-vie…

Elle est indispensable pour les bars, cafés, pubs, discothèques ou restaurants qui souhaitent proposer ces boissons en dehors des repas. Contrairement à la Licence III, elle couvre les groupes 4 et 5 de la classification des boissons alcoolisées.

La création de nouvelles licences IV étant interdite, cette licence doit être achetée ou transférée, ce qui la rend plus rare et souvent coûteuse. Elle est soumise à des obligations strictes visant à encadrer la vente d’alcools forts dans une logique de santé publique et de sécurité.

Comment l’obtenir ?

L’obtention d’une Licence IV suit les étapes suivantes :

  1. Conditions légales : être majeur (ou émancipé), juridiquement capable, sans condamnation incompatible.
  2. Permis d’exploitation : formation obligatoire de 20 heures, valable 10 ans.
  3. Immatriculation au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés) : nécessaire pour formaliser l’établissement.
  4. Déclaration en mairie : au moins 15 jours avant l’ouverture, via le formulaire Cerfa avec justificatifs (identité, permis d’exploitation, extrait Kbis).
  5. Transfert ou rachat de licence : la licence IV doit provenir d’un autre établissement (même département ou département limitrophe, sous conditions). Une autorisation préfectorale est nécessaire.

Aucune nouvelle licence IV ne peut être créée, sauf dérogation très spécifique en zone rurale (dispositif expiré en 2022).

Quel est le prix ?

Le prix d’une Licence IV dépend exclusivement du marché local :

  • Petites communes rurales : entre 7 500 € et 15 000 €
  • Villes moyennes : entre 15 000 € et 30 000 €
  • Grandes villes ou zones touristiques : jusqu’à 60 000 € ou plus

À cela peuvent s’ajouter :

  • Frais de notaire ou d’agence pour la cession
  • Frais juridiques lors du rachat
  • Frais de transfert administratif

La formation pour le permis d’exploitation (300 à 500 €) reste également obligatoire.

Licences Restaurant : vendre de l’alcool uniquement pendant les repas

Les licences restaurant permettent à un établissement de restauration de proposer des boissons alcoolisées exclusivement en accompagnement d’un repas. Elles sont conçues pour les restaurants, brasseries, crêperies, pizzerias, auberges ou food trucks qui souhaitent servir de l’alcool dans un cadre encadré par la loi.

Il existe deux types de licences restaurant :

  • Petite Licence Restaurant : autorise la vente de boissons fermentées non distillées jusqu’à 18° (vin, bière, cidre, poiré, hydromel).
  • Grande Licence Restaurant : autorise la vente de tous les alcools autorisés en France, y compris les spiritueux, mais toujours avec un repas.

Ces licences ne permettent ni la vente d’alcool hors repas. Elles sont idéales pour les établissements de restauration qui ne sont pas des bars, mais qui souhaitent proposer du vin, des cocktails, ou des digestifs dans un cadre réglementé.

Comment les obtenir ?

Les démarches sont identiques pour les deux licences :

  1. Conditions légales : être majeur (ou émancipé), juridiquement apte, sans condamnation incompatible.
  2. Permis d’exploitation : formation obligatoire de 20 heures, valable 10 ans, portant sur la réglementation de la vente d’alcool.
  3. Immatriculation au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés) : obligatoire pour obtenir un numéro SIRET (Système d’identification du répertoire des établissements).
  4. Déclaration en mairie : à effectuer au moins 15 jours avant l’ouverture de l’établissement, via le formulaire Cerfa avec pièce d’identité, extrait Kbis et permis d’exploitation valable.

Les tapas et planches peuvent être considérés comme des repas s’ils sont suffisamment copieux. En revanche, les snacks (olives, cacahuètes) ne suffisent pas à justifier la vente d’alcool.

Quel est le prix ?

Ces deux licences sont gratuites à l’obtention. Les seuls coûts concernent :

  • Formation au permis d’exploitation :
  • Environ 200 à 800 € pour la grande licence restaurant.
  • Jusqu’à 1 000 € pour la petite, selon l’organisme et la localisation.
  • Le coût de la formation permis d’exploitation est le même que ce soit pour exploiter une licence 3, 4, petite restauration ou grande restauration.
  • Frais éventuels de déclaration ou d’affichage.
  • Aides possibles pour la prise en charge de la formation (France Travail, OPCO, Akto…).

Ces licences sont dites libres et illimitées : elles ne nécessitent ni rachat, ni autorisation préfectorale, contrairement à la licence IV.

Licences à emporter : vendre de l’alcool sans consommation sur place

Les licences à emporter autorisent la vente de boissons alcoolisées destinées à être consommées ailleurs qu’au sein de l’établissement. Elles s’adressent aux épiceries, supermarchés, cavistes, ventes en ligne, stations-service, mais aussi à certains restaurants ou snacks proposant des boissons non ouvertes à emporter.

Il existe deux types de licences à emporter :

  • Petite Licence à Emporter : autorise la vente de boissons fermentées non distillées (vin, bière, cidre, etc.), jusqu’à 18° d’alcool.
  • Licence à Emporter : permet la vente de tous types d’alcools, y compris les spiritueux.

Ces licences ne permettent pas la consommation sur place. Toute dégustation ou consommation dans l’établissement nécessite une autre licence adaptée (licence III ou IV, ou licence restaurant selon le cas). Pour cela, il ne doit pas y avoir de tables et de chaises dans l’établissement.

Comment les obtenir ?

L’obtention d’une licence à emporter est simplifiée par rapport aux licences sur place :

  1. Conditions légales : être majeur (ou émancipé), juridiquement apte, sans condamnation grave.
  2. Immatriculation au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés) : obligatoire pour déclarer une activité commerciale.
  3. Déclaration en mairie : au moins 15 jours avant le début d’activité, avec le formulaire Cerfa n°11542*05, une pièce d’identité et l’extrait Kbis.

Aucun permis d’exploitation n’est requis, sauf si la vente à emporter a lieu entre 22h et 8h du matin (vente de nuit), où une formation spécifique peut être demandée (permis de vente de boissons alcooliques la nuit).

Quel est le prix ?

Ces licences sont gratuites. Aucun droit d’entrée ni achat n’est nécessaire.

Les seuls frais possibles sont :

  • Frais administratifs mineurs (affichage, copie de dossier).
  • Frais de conseil ou d’accompagnement, si un professionnel est mandaté pour constituer le dossier.

Elles représentent une solution simple, rapide et économique pour les commerces qui souhaitent élargir leur offre de produits alcoolisés sans s’engager dans une activité de débit de boissons.

PVBAN : vendre de l’alcool entre 22h et 8h en toute légalité

Le PVBAN, ou Permis de Vente de Boissons Alcoolisées la Nuit, est une autorisation spécifique imposée aux établissements qui souhaitent vendre de l’alcool à emporter entre 22h et 8h du matin. Il ne concerne que la vente à emporter, et s’applique aux épiceries de nuit, supérettes, stations-service, ou tout commerce proposant de l’alcool hors consommation sur place dans cette plage horaire.

Ce dispositif vise à limiter les risques liés à la consommation nocturne d’alcool, notamment chez les jeunes ou dans le cadre de troubles à l’ordre public.

Comment l’obtenir ?

Pour obtenir la licence de vente à emporter entre 22h et 8h, le commerçant doit obligatoirement :

  1. Remplir les conditions légales : être majeur (ou émancipé), juridiquement capable, sans condamnation grave.
  2. Être titulaire d’une licence à emporter (petite ou complète).
  3. Suivre une formation spécifique d’une durée d’une journée, portant sur la prévention de l’alcoolisme et des comportements à risque, les obligations de l’exploitant (affichage, interdiction aux mineurs) et les sanctions encourues en cas de non-respect de la réglementation.
  4. Obtenir une attestation de formation à conserver en cas de contrôle.

Ensuite, il faut aller en Mairie déclarer la licence de vente à emporter.

Quel est le prix ?

Le PVBAN n’est pas une licence payante, mais implique le coût de la formation obligatoire :

  • Tarif moyen de la formation : entre 100 € et 250 € selon l’organisme.
  • Elle peut être suivie en présentiel ou à distance, via un centre agréé.

Ce permis de vente est valable 10 ans et doit être renouvelé par une nouvelle formation en cas d’expiration.

Risques encourus en cas de vente d’alcool sans licence

En France, la vente de boissons alcoolisées sans la licence appropriée constitue une infraction grave, exposant l’exploitant à des sanctions pénales, administratives et financières.

Les sanctions pénales

  • Amende : la vente d’alcool sans licence est passible d’une amende de 3 750 €.
  • Fermeture administrative : le préfet peut ordonner la fermeture temporaire ou définitive de l’établissement concerné.
  • Confiscation : les produits et équipements liés à l’infraction peuvent être saisis.

Autres infractions liées à la vente d’alcool

  • Vente d’alcool à des mineurs : passible d’une amende de 7 500 € et d’une suspension de la licence d’exploitation pendant un an.
  • Vente entre 22h et 8h sans PVBAN : sanctionnée par une amende de 3 750 €.
  • Absence d’affichage obligatoire : le non-respect des obligations d’affichage (licence, interdiction de fumer, protection des mineurs) peut entraîner des amendes allant jusqu’à 38 €.