Guide complet des licences restaurant : De la petite à la grande restauration

Publié le 11 mars 2025

La réglementation encadrant la vente d’alcool en France repose principalement sur le Code de la santé publique et le Code de commerce. Ces textes de loi définissent les conditions d’exercice des débits de boissons et instaurent un régime de licences distinct selon le type d’alcool servi.

Vous devez respecter ces règles pour garantir la sécurité de vos clients et éviter les sanctions administratives ou pénales. Les autorités compétentes (préfectures, services de l’État) veillent au respect de ces obligations et contrôlent régulièrement les établissements.

Faut-il une licence pour ouvrir un restaurant ?

L’obligation de détenir une licence dépend directement de l’offre de boissons que vous envisagez dans votre établissement.

Si vous prévoyez de servir de l’alcool – qu’il s’agisse de vin, bière ou spiritueux –, vous devez impérativement obtenir une licence correspondant à la nature des boissons proposées.

En revanche, si votre activité se limite à la vente de boissons non alcoolisées, aucune licence n’est requise.

Cela dit, même en l’absence de vente d’alcool, vous devez tout de même respecter l’ensemble des démarches administratives liées à l’ouverture d’un établissement commercial, notamment en matière d’hygiène, de sécurité,et de déclarations auprès des autorités compétentes (mairie, préfecture, services sanitaires, etc.).

Deux types de licences possibles pour votre restaurant

Selon les boissons que vous souhaitez proposer, deux types de licences sont envisageables pour un établissement de restauration.

1. La petite licence restaurant (ou licence de petite restauration)

Cette licence est destinée aux établissements dont l’activité principale est la restauration, avec une offre limitée de boissons alcoolisées.
Elle autorise la vente, uniquement en accompagnement d’un repas, des boissons suivantes :

  • Vins (tranquilles ou effervescents)
  • Bières
  • Cidres et poirés

Cette option convient particulièrement aux petits restaurants, bistrots ou établissements de cuisine traditionnelle, souhaitant proposer une sélection restreinte de boissons classiques pour accompagner leurs plats. Découvrez toutes les modalités pour l’obtenir dans notre article dédié à la petite licence restaurant.

2. La grande licence restaurant (ou licence de grande restauration)

Cette licence permet de proposer une offre étendue de boissons alcoolisées, toujours en accompagnement d’un repas.
En plus des boissons autorisées par la petite licence, elle permet la vente de :

  • Spiritueux et liqueurs (whisky, vodka, rhum, gin, tequila, etc.)
  • Digestifs
  • Cocktails et autres préparations alcoolisées

La licence grande restauration s’adresse aux établissements qui souhaitent diversifier leur carte de boissons et offrir à leur clientèle une expérience plus complète, notamment dans des contextes de restauration gastronomique ou d’ambiance.

La différence entre petite et grande licence pour votre restaurant

La différence principale entre la petite licence restaurant et la grande licence restaurant concerne le type de boissons alcoolisées autorisées à la vente en accompagnement d’un repas.

  • La petite licence restaurant permet de servir uniquement des boissons fermentées :
    vin, bière, cidre, poiré.
  • La grande licence restaurant autorise, en plus, la vente de spiritueux, alcools forts et cocktails.

Le choix entre les deux licences dépend du positionnement de votre établissement, de votre carte et de l’expérience que vous souhaitez offrir à vos clients. Un bistrot traditionnel n’aura pas les mêmes besoins qu’un restaurant gastronomique ou un établissement à ambiance.

Comment obtenir une licence pour votre restaurant ?

L’ouverture d’un restaurant impliquant la vente d’alcool nécessite plusieurs formalités administratives obligatoires, distinctes de l’obtention de la licence en elle-même. Voici les principales étapes.

1. Conditions de capacité juridique de l’exploitant

Avant de pouvoir obtenir une licence, vous devez remplir les conditions suivantes :

  • Âge : être majeur ou mineur émancipé.
  • Tutelle : ne pas être sous tutelle.

À noter : Les conditions relatives au casier judiciaire (notamment certaines interdictions liées à des condamnations pénales) ne s’appliquent qu’aux licences III et IV, c’est-à-dire aux débits de boissons à consommer sur place hors restauration. Les licences restaurant (petite ou grande) ne sont pas soumises à cette restriction.

Une formation obligatoire de 20 heures : le permis d’exploitation

Avant d’ouvrir un établissement servant de l’alcool à consommer sur place, la loi impose à l’exploitant de suivre une formation spécifique de 20 heures, généralement répartie sur trois jours. Cette formation aboutit à la délivrance du permis d’exploitation.

La formation Permis d’Exploitation a pour but de sensibiliser les futurs exploitants aux responsabilités et obligations liées à la vente d’alcool, notamment en matière de :

  • Réglementation sur les débits de boissons
  • Prévention de l’alcoolisme
  • Protection des mineurs
  • Lutte contre l’ivresse publique
  • Responsabilité civile et pénale de l’exploitant

Le permis est valable 10 ans, puis renouvelable via une formation de mise à jour plus courte (6 heures).

Immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS)

L’immatriculation au RCS est indispensable pour donner une existence légale à votre activité. Elle s’effectue auprès du guichet unique des formalités, généralement géré par la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI).

L’inscription au RCS vous permet d’obtenir un extrait Kbis, qui constitue la carte d’identité officielle de votre entreprise. Ce document est souvent requis pour :

  • l’ouverture d’un compte bancaire professionnel,
  • la signature de contrats commerciaux,
  • ou certaines démarches administratives complémentaires.

2. Déclaration en mairie de l’établissement

Toute ouverture ou modification d’un établissement vendant des boissons alcoolisées (même sous licence restaurant) doit faire l’objet d’une déclaration préalable en mairie (ou à la Préfecture de police pour Paris), au moins 15 jours avant :

  • l’ouverture d’un nouvel établissement,
  • une mutation (changement de propriétaire ou de gérant),
  • une translation (changement d’adresse, même au sein de la même commune).

Le dossier de déclaration doit inclure :

  • Le formulaire Cerfa n°11542*05 de déclaration d’un restaurant,
  • Une pièce d’identité en cours de validité,
  • Le permis d’exploitation (obtenu après formation obligatoire).

Une fois le dossier déposé, la mairie vous remet un récépissé de déclaration (Cerfa n°11543*05). Ce document ne vaut pas autorisation d’exploiter, mais il formalise votre démarche. Vous pourrez débuter la vente d’alcool 15 jours après la déclaration.

Achat et transfert de licences restaurant

Pour exploiter un restaurant en France, il est essentiel de comprendre les aspects financiers et réglementaires liés à l’acquisition et au transfert des licences de débit de boissons.

Le coût d’une licence restaurant

L’obtention d’une licence restaurant (petite ou grande) est gratuite.
En revanche, la formation obligatoire menant au permis d’exploitation est payante. Son tarif varie en fonction de l’organisme et de la région, généralement entre 200 et 800 euros.

Ce coût représente la seule dépense directe liée à l’obtention de la licence restaurant.

Le cas particulier de la Licence IV

La Licence IV, qui autorise la vente de toutes les catégories de boissons alcoolisées sans obligation de restauration, est soumise à un régime différent.

  • Depuis 1996, il n’est plus possible de créer une Licence IV.
  • Pour en obtenir une, il faut la racheter ou la louer à un autre exploitant.

Les prix de cession varient fortement selon la localisation, en moyenne entre 7 500 et 8 000 euros, mais ils peuvent atteindre des montants bien plus élevés dans certaines zones à forte demande (villes touristiques, centres urbains, zones commerciales…).

Transférer une licence restaurant : procédure et précautions

Le transfert de licence est une opération fréquente, notamment lors d’une cession, d’une reprise ou d’un déménagement d’établissement. Il permet à un nouvel exploitant de reprendre la licence de débit de boissons d’un précédent titulaire, sous certaines conditions strictes.

Autorisation préalable requise

Le transfert d’une licence nécessite une autorisation administrative, délivrée par les autorités locales.

  • Pour un transfert au sein du même département, l’autorisation est donnée par le préfet.
  • Une consultation du maire des communes concernées est également généralement requise.

Conditions à respecter

Le transfert ne peut être validé que si les conditions juridiques sont remplies (âge, capacité juridique, permis d’exploitation, etc.). Il s’applique aussi bien aux licences III et IV qu’aux licences restaurant, bien que les régimes juridiques soient différents.

Pièces à fournir dans le dossier de transfert

Le dossier de demande de transfert doit inclure :

  • Attestation de formation : justificatif de participation à la formation obligatoire (permis d’exploitation).
  • Justificatif de capacité juridique : document prouvant que le nouveau titulaire est en droit d’exploiter une licence.
  • Documents relatifs à l’ancien établissement : bail commercial, licence en cours, éventuellement les comptes de l’entreprise.

Ces documents doivent être remis aux autorités compétentes (préfecture ou mairie) dans le cadre de la demande officielle.

Nos recommandations en cas de transfert de licence

Le transfert de licence peut soulever des enjeux juridiques et fiscaux importants. Il est donc fortement conseillé de se faire accompagner par un professionnel :

  • Avocat spécialisé,
  • Expert-comptable,
  • Ou conseiller en droit des affaires.

Cet accompagnement permet de sécuriser la transaction, d’éviter les erreurs administratives et de s’assurer de la conformité de l’opération.

Affichage obligatoire une fois la licence obtenue

Une fois votre licence de débit de boissons obtenue, plusieurs affichages sont obligatoires pour garantir la conformité de votre établissement et informer le public :

  • Le numéro de licence : il doit être visible et affiché de manière lisible, généralement à proximité de l’entrée principale de l’établissement.
  • Les horaires de vente d’alcool : ils doivent être clairement indiqués pour informer la clientèle des plages horaires autorisées selon la réglementation locale.
  • Le permis d’exploitation : une copie du permis d’exploitation doit être affichée dans un endroit visible de l’établissement.
  • L’interdiction de vente d’alcool aux mineurs : un panneau réglementaire doit signaler l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs, accompagné d’un message de prévention de l’alcoolisme.

Ces affichages sont essentiels pour rester en conformité avec la loi et prévenir tout risque de sanction lors d’un contrôle.